top of page
  • Photo du rédacteurAndrea Iacovella

Au nom des victimes de la haine. Conseil Municipal du 9 novembre 2023

Dernière mise à jour : 10 nov. 2023

Résumé en un clin d'œil

Date

Conseil Municipal du 9/11/2023

Sujet

Droit d'expression politique de Réussir Roanne Ensemble : sur la modification du règlement intérieur accordant plus de place aux groupes d'opposition dans les publications de la ville de Roanne

Intervenant

Andrea Iacovella

Type intervention

Ecrite, rédigée

Résumé bref de l'intervention

L'expression politique n'est pas seulement une question de nombre de mots : les manifestations de haine qui ont explosé depuis le 7 octobre dernier invitent à réfléchir à la responsabilité des mots des élus, qui ne sont pas de simples joutes verbales, mais qui ont une histoire qui s'est révélée tragique à plusieurs reprises

Présentation

La majorité municipale a décidé de modifier l'expression politique des groupes d'opposition, en accordant davantage de place dans les publications de la ville. La répartition avait été établie en proportion des voix obtenues lors de l'élection municipale : en ce qui me concerne, la publication de mon expression politique était limitée à 500 caractères.

La modification apportée au règlement intérieur, fixe désormais à 1000 caractères mes publications. Cela va de soi que je ne peux que approuver cette modification.

Mais la quantité de mots n'est pas une garantie en soi. Depuis le début du mandat, j'ai eu l'occasion d'intervenir sur l'usage des mots dans l'expression politique.

L'actualité tragique du massacre de juifs du 7 octobre et l'explosion d'actes antisémites en France, donne l'occasion d'illustrer mon propos quand à l'usage des mots pour alimenter la haine.


Texte de mon intervention sur la responsabilité des mots dans l'expression politique

Le texte qui suit a été lu en séance et se situe à partir de 27:28 au compteur de la vidéo

Voici le lien vidéo de la séance consultable ici


Je vous remercie d’accorder ces espaces supplémentaires à l’Expression politique, et en ce qui me concerne au doublement du nombre de caractères.

Je n’ai pas souhaité être présent dans les échanges qui ont préparé cette modification, je tiens à m’exprimer sur la responsabilité des mots dans l’expression publique.


Les mots - écrits ou énoncés- se prêtent à être partagés, ils sont le liant de notre vivre ensemble -, nous avons fait des mots, le sang qui irrigue nos institutions républicaines – par les mots nous avons donné une vie à la notion d’intérêt général, ce n’est pas rien, c’est une part décisive de ce qui nous a civilisés


A l’usage pourtant, les mots se révèlent parfois inhospitaliers au partage et deviennent : dire pour calomnier, dire pour nier, dire pour mentir ; les mots sont employés pour médire


Quelques mots parfois suffisent pour rallumer l’espoir

Ce n’est pas une question de quantité

Quelques mots parfois suffisent pour transformer un être humain en cible durable, et il arrive que ces cibles se transforment en tragédie humaine avec son lot de souffrances, de désolation, de deuils, de désespoir.


Depuis le 7 octobre dernier, 1040 faits antisémites ont été signalés (et 486 interpellations ont eu lieu).

Dans les années 90, les incidents antisémites enregistrés en France, se comptaient en dizaines par an.

Depuis 2000 jusqu'en 2022, ils se comptaient en centaines.

Pour la première fois, en 2023, ils se compteront malheureusement en milliers !

(Au cours des 4 dernières semaines, s'est abattu sur la France l'équivalent de 2 fois l'ensemble des actes antisémites de 2022)


La barbarie est en embuscade, elle dégaine les mots qui tuent, qui violent, qui massacrent. Comment parler et comment ne pas parler avec un vice radical qui se défie avec des « Oui mais »?


Parce que Auschwitz n'a pas suffi à éradiquer la haine des juifs a écrit Elie Wiesel


Au nom de toutes les victimes,

Au nom de tous ceux qui à Roanne ont souffert des atrocités nazies et de leur doctrine antisémite

il nous faut dire qu’il n’y a pas de place dans notre ville, dans notre pays, pour l’antisémitisme et une éducation judéophobe


Le 7 octobre dernier plus de 1400 hommes, femmes et enfants ont été assassinés par les terroristes du Hamas en Israël, plus de 3500 blessés et des victimes non encore identifiées


Au nom de la ville, Monsieur le Maire, vous avez géré la situation tragique avec justesse et modération : Les couleurs d’Israël sur la façade de la Mairie ont témoigné du soutien de la ville de Roanne au pays frappé par le plus important massacre de juifs depuis 1945, la couleur blanche qui a succédé a affiché notre souhait d’une Paix entre les deux peuples entrés en conflit.


Comment parler et comment ne pas parler de la barbarie en acte, qui se filme elle-même et diffuse ses images sans mots, à travers le monde ?

J’avoue, en cette occasion, ne pas avoir la modération dont vous avez fait preuve.


A la séquence sans mots de la barbarie, j’aurais projeté sur la façade de la mairie, les portraits des victimes et des otages, avec pour seuls mots, leurs noms et prénoms.


Ce serait une marque de confiance renouvelée aux mots, pour que les victimes reviennent de l’anonymat dans lequel les atrocités les ont précipitées.

Les nommer c’est leur rendre leur humanité.

(Les appeler de leur nom, c’est les faire circuler, c’est irriguer de nouveau le vivre ensemble d’une humanité, suspendue par la haine et la barbarie).

Vidéo de la séance du Conseil Municipal du 9 Novembre 2023

Mon intervention lors de ce conseil à partir de 27:28 au compteur de la vidéo

Voici le lien vidéo de la séance consultable ici

L' Ordre du jour du Conseil Municipal est téléchargeable ici



Comentarios


bottom of page